Les années tumultueuses des débuts
Le succès attire son lot de dérives. Dès 1904, la deuxième édition tourne au scandale : clous semés sur les routes, coureurs agressés par des supporters partisans, tricheries en train et en voiture. À l’automne, l’Union Vélocipédique de France déclasse les quatre premiers, dont Maurice Garin lui-même, pour irrégularités. C’est finalement le jeune Henri Cornet, âgé de moins de 20 ans, qui est déclaré vainqueur. Il demeure à ce jour le plus jeune lauréat de l’histoire du Tour.
Un temps découragé, Henri Desgrange décide malgré tout de poursuivre l’aventure, en durcissant le règlement. En 1910, une nouveauté redéfinit la course : l’introduction de la haute montagne. Les coureurs franchissent pour la première fois les Pyrénées, avec des cols mythiques comme le Tourmalet et l’Aubisque. Trois ans plus tard, l’épisode d’Eugène Christophe, contraint de réparer lui-même sa fourche cassée dans une forge de Sainte-Marie-de-Campan après une descente du Tourmalet, entre dans la légende. La montagne offre au Tour sa « dimension mythologique » et transforme les coureurs en véritables héros populaires.


