En 2009, Hermès achetait le freehold du 166 New Bond Street pour 73 millions de livres sterling, à l'époque l'un des prix les plus élevés jamais payés pour une propriété sur Bond Street. Il a fallu dix-sept ans pour ouvrir les portes de ce qui est devenu, le 16 juin 2026, la Maison Bond Street : le plus grand magasin de la maison en Europe, sixième Hermès Maison au monde, et l'une des ouvertures de retail les plus significatives de la décennie dans le luxe mondial.
Joséphine Fossey à Paris : Jean-Michel Frank, le Swedish Grace et l’art d’habiter les grands volumes
Quatre mètres et demi sous plafond, cent vingt mètres carrés de salon, un jardin privé et des volumes d'exception. Lorsque Joséphine Fossey a pris en charge la rénovation de ce rez-de-jardin de 450 mètres carrés dans un immeuble 1900 de l'ouest parisien, ce n'était pas une question d'esthétique. C'était une question de rapport de force avec l'espace lui-même. Elle l'a résolu par ce que peu d'architectes d'intérieur osent : la sobriété radicale.
L'art, chez Liaigre, n'arrive pas après. Il n'est pas convoqué pour habiller un espace déjà pensé, ni posé comme une signature sur un intérieur achevé. Il fait partie de la conception même, au même titre que le choix d'un bois, la courbure d'un dossier ou la qualité d'une lumière. C'est cette conviction rare, héritée de Christian Liagre et portée aujourd'hui avec une discrétion et une précision remarquable par Carlos Sicilia, commissaire d'exposition et curateur art de la maison, qui fait de Liaigre bien plus qu'une maison de design. Un lieu où la beauté, pour exister pleinement, a besoin de se confronter à une œuvre.
L'acier n'est pas une matière de confort. Il ne cède pas, ne vieillit pas avec douceur, ne pardonne aucun détail mal résolu. C'est précisément pour cela que studioutte l'a choisi pour réinventer soixante-dix mètres carrés dans un immeuble bourgeois milanais du XIXe siècle. Un créatif parisien, également DJ, cherchait un appartement qui joue avec le froid et le chaud sans jamais choisir entre les deux. Guglielmo Giagnotti et Patrizio Gola lui ont répondu avec du béton, du verre opalin, de la laque noire et des références qui traversent les années 1980 comme un fil tendu entre Ward Bennett et Pasolini.
Il y a une question que personne ne s'était vraiment posée, et que Rimowa vient de résoudre avec une élégance désarmante : où vit une belle valise quand on ne voyage pas ? Dans un placard, sous un lit, coincée dans un couloir ? La maison allemande a décidé que non. Présentée lors de la Design Week de Milan en avril 2026, la collaboration entre Rimowa et Lehni, fabricant suisse de mobilier en aluminium qui travaille ce matériau depuis 1922, propose une réponse en deux pièces aussi précises qu'élégantes.
Chaque année, Milan se transforme. Pas seulement en capitale du meuble ou du design industriel, mais en quelque chose de plus insaisissable, une ville qui pense à voix haute, qui expose ses désirs, ses contradictions, sa grandeur. Pour cette 64e édition du Salone del Mobile, sous le thème « Be the Project », la cité lombardienne a une fois encore convoqué les maisons de luxe, les créateurs émergents, les architectes et les parfumeurs dans une chorégraphie collective d'une densité rare. Voici nos coups de cœur absolus, ceux qui ont arrêté le temps, bousculé les certitudes, ou simplement souligné une certaine définition du beau et un art d'habiter l'espace.

