L’ogre Merckx et les seigneurs modernes
Dans les années suivantes, un Belge écrase toute concurrence. Eddy Merckx, surnommé « le Cannibale » pour son insatiable appétit de victoires, égale les cinq succès d’Anquetil (1969, 1970, 1971, 1972 et 1974). En 1969, pour son premier Tour, il réalise l’exploit inégalé de remporter simultanément le classement général, le classement par points et celui du meilleur grimpeur. Il détient toujours le record du plus grand nombre de jours passés en maillot jaune (96 au total, demi-étapes comprises : 111).
En 1975, le 20 juillet très exactement, le Tour prend son visage moderne. La course s’achève pour la première fois sur les Champs-Élysées, et Bernard Thévenet met un terme au règne de Merckx. Cette même année sont créés le maillot à pois : comme u, hommage au pistard Henri Lemoine, surnommé « P’tits pois » pour ses tenues d’avant-guerre, ainsi que le maillot blanc du meilleur jeune. Un autre Breton, Bernard Hinault, prend ensuite les commandes du peloton. « Le Blaireau » signe cinq victoires entre 1978 et 1985, incarnant l’autorité, l’agressivité et la fierté à l’état pur. Il reste, à ce jour, le dernier Français à avoir remporté le Tour de France.



