Des allées solennelles du Grand Palais aux salons feutrés de l’Hôtel de Maisons, la capitale s’est offerte telle une œuvre totale, un territoire où l’art, le design et le luxe se répondent dans une même respiration. Sous la voûte restaurée d’Art Basel Paris, les maîtres du passé murmuraient aux voix nouvelles, tandis qu’au Faubourg Saint-Germain, Design Miami/Paris élevait la matière au rang de langage, célébrant la main, le geste, le temps. Dans toute la ville, maisons de couture, galeries et fondations ont ouvert leurs portes comme on entrouvre un secret : celui d’une beauté plurielle, en mouvement. Ainsi, l’Art Week 2025 n’a pas seulement animé Paris — elle l’a transfigurée, rappelant qu’ici, plus qu’ailleurs, la création n’est pas un décor, mais une manière d’exister.
Trente ans après avoir offert au monde son chef-d’œuvre de verre sur le boulevard Raspail, Jean Nouvel signe le retour tant attendu de la Fondation Cartier pour l’art contemporain.
Pour célébrer les quarante ans de l’institution, le groupe Richemont et Cartier Architecture & Construction lui confient la mission de repenser un lieu manifeste : un espace d’exposition au 2, place du Palais-Royal, où patrimoine et futur se répondent dans un dialogue de lumière, de matière et de mouvement.
Au Domaine de Boisgeloup, ancienne demeure de Pablo Picasso, le peintre britannique George Rouy se dévoile du 25 octobre au 23 novembre 2025 avec SHADOWING, une exposition organisée par la Fundación Almine y Bernard Ruiz-Picasso para el Arte (FABA), présentée avec le soutien des galeries Almine Rech, Hannah Barry Gallery et Hauser & Wirth, conçue pour dialoguer avec l’esprit du maître. Entre tension et apaisement, figuration et abstraction, ses œuvres explorent la présence humaine à travers le reflet, la répétition et le silence. Un face-à-face vibrant entre l’histoire du lieu et la fragilité du corps moderne.
Dans le calme vibrant de la rue Saint-Honoré, à deux pas de la place Vendôme, un souffle d’eau et de lumière traverse les murs. C’est ici, au Studio 332, que Fred Meylan expose l’âme du mouvement. Derrière son objectif, il ne cherche pas à figer le monde : il le respire, il l’écoute, il s’y immerge — littéralement. Photographe de mode reconnu, ancien reporter, aventurier du réel, Meylan s’est peu à peu laissé happer par un élément qui lui ressemble : l’eau. À travers elle, il explore la fragilité du geste, la beauté de l’instant et la vérité du corps. Rencontre avec un homme libre, à la curiosité intacte, pour qui la photographie est un dialogue entre hasard, lumière et émotion pure.
Pour sa première exposition personnelle à New York, Laure Mary dévoile un travail d’une rare intensité, où l’absence devient matière et le silence, un langage. Longtemps associée à des compositions vibrantes et oniriques, l’artiste française opère ici un dépouillement radical, né d’un geste intime : se délester de tout, sauf des livres qui l’accompagnent. De cette épure surgit une peinture plus nue, plus incisive, où chaque détail agit comme une énigme à résoudre. Being Normal Is Really Not Normal est une invitation à contempler l’inattendu : un œuf fissuré, une lumière sous une porte, des fragments suspendus entre apparition et disparition. À la manière d’Hemingway et de Bret Easton Ellis, dont les mots hantent discrètement l’exposition, Laure Mary explore la dramaturgie de ce qui manque, la puissance de ce qui n’est pas dit. Ses toiles, à la fois claires et troublantes, rappellent que la normalité est une illusion, que la vérité se cache dans les interstices, et que la beauté surgit souvent là où l’on a osé retrancher.
Sur la plus belle avenue du monde, un nouveau chapitre de l’histoire du luxe s’affirme. RH, la maison américaine prônant l’art de vivre, a choisi Paris pour dévoiler sa plus ambitieuse galerie à ce jour. Plus qu’un showroom, c’est une véritable mise en scène, un écrin architectural où mobilier, art et gastronomie s’unissent pour composer une expérience des plus exceptionnelles.






