
Une rencontre de territoires
À travers ce projet, Saint Laurent dépasse les frontières de l’habit pour investir un nouvel espace de création, celui du son et de l’image. Car si Blurry Moon marque le retour attendu de Charlotte Gainsbourg, il est aussi le théâtre d’une première : Anthony Vaccarello, directeur artistique de la maison, y fait ses débuts derrière la caméra. Le clip, baigné de clair-obscur et traversé par des éclats de néons, évoque l’univers magnétique de David Lynch et l’écho mélancolique des partitions d’Angelo Badalamenti. Hommage vibrant, il inscrit la musique de Gainsbourg dans une atmosphère de rêve fiévreux et de vertige cinématographique.

L’ambition culturelle de Saint Laurent
Cette parenthèse musicale s’inscrit dans une stratégie plus vaste : celle d’une maison de couture qui veut devenir un acteur à part entière de la culture contemporaine. Après Rive Droite, lieu hybride dédié à l’art et au design, et après la création en 2023 de Saint Laurent Productions, qui a soutenu des œuvres majeures comme Emilia Pérez de Jacques Audiard (Prix du Jury à Cannes 2024) ou Father Mother Sister Brother de Jim Jarmusch (Lion d’or à Venise), Saint Laurent affirme son désir d’être bien plus qu’une maison de mode.
Avec Blurry Moon, la maison ne se contente pas d’habiller le monde : elle lui donne désormais une bande-son. Dans l’éclat fragile de la voix de Charlotte Gainsbourg résonne une vision nouvelle du luxe, celui qui transcende les disciplines pour devenir expérience totale, entre couture et cinéma, musique et mémoire.


